Rédaction n° 2

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Mardi 24 octobre 1989 - 5ème 4 - ARTHUS Thomas

SUJET : Vous avez été, au moins une fois, victime de votre curiosité. Racontez en quelles circonstances et dites quelle fut la conséquence de cette faiblesse.

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Ce soir là  maman n'était pas normale : elle buvait, elle toussait. Sans papa, elle était bien tranquille. C'est pourquoi je suis allé regarder dans leur vieille armoire.

Tout à  coup, j'apperçus une très jolie boîte avec des coins dorés. Quand je l'ouvris , j'y découvris un petit cahier. Il devait être très vieux. Il y avait marqué dessus : testaments ; j'étais stupéfait. à€ la première page tout était consacré aux loyers et à  la meublerie. Je le fermai et le remis dans la boîte. Plus loin, une magnifique bague avec des diamants et des saphirs. Dessus il y avait une gravure ; c'était une adresse : Jean Train, place Rouge, Tournus. Comme nous habitions juste à  cà´té, je m'empressai de traverser la rue et d'aller voir le prix d'une même bague. Je n'en croyais pas mes yeux : cinquante neuf mille sept cent quatre-vingt onze francs ! Mais o๠est-ce que papa aurait pu trouver autant d'argent ? Je m'interrogeais : "Il n'aurait quand même pas osé piller une banque ?". Avec lui on n'est jamais trop sûr...

Quand je rentrai à  la maison, papa n'était toujours pas rentré. Alors je replaçai la bague là  o๠elle était et j'allai questionner maman ; quand je lui parlai de cette bague elle pleura et je sentis sa tristesse. Si elle pleure c'est que papa a fait quelque chose de mal. je me souvenais que dans le garage il y avait une grosse caisse que personne sauf mon père avait ouverte. Quand je descendis celle-ci était fermée à  l'aide d'un cadenas à  code. Il me fallut plus de deux jours pour en trouver la solution. Dedans, il y avait des armes, des cagoules et un vieux journal. Le gros titre était : Holde-up à  Paris, les voleurs se sont emparés de soixante mille francs pendant la nuit du dix neuf au vingt octobre.

Tout de suite, papa arriva, et j'avais très peur. Il avait un cadeau à  la main. C'est vrai, aujourd'hui c'est l'anniversaire de maman. Peu importe, je refermai le coffre en y laissant le code. Il n'eut pas le temps de me voir. C'était vraiment terrible. Quand il arriva à  l'étage, ma soeur, maman et moi l'attendions. "Joyeux anniversaire !". Papa lui donna son cadeau : c'était une petite boîte à  musique toute en or massif. Maman était très émue. Elle croyait que c'était celle qu'elle avait eue dans son enfance. Mais non, tous nous étions sûrs qu'il avait encore volé. Cette fois-ci je craquai. J'appelai la police d'une cabine téléphonique pour ne pas me faire remarquer par papa. Quand ils arrivèrenent, papa se demandait ce qu'il se passait. Ils l'embarquèrent et j'étais triste d'avoir fait ce geste. Maman était bien heureuse qu'il parte.

Désormais, tous les jours, j'allais passer un petit moment devant cette bague, et je pleurais, je pleurais et je m'en voulais.


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J'avais 12 ans quand j'ai écrit cette rédaction, seul. J'étais en 5ème au collège Saint-Michel à  Annecy, et c'était la deuxième rédaction de l'année, avec un professeur de français que je ne connaissais pas encore vraiment bien. Quand elle m'a rendu ma copie, elle a demandé à  me parler à  la fin du cours. Je suis donc allé la voir et elle m'a demandé si tout allait bien dans ma famille. Je crois qu'à  l'époque je l'ai choquée... Il faut bien avouer que j'avais une certaine imagination à  l'époque.

C'est vrai qu'en y repensant, un enfant de 12 ans qui parle de son père de la sorte ça peut surprendre. Et je ne vous raconte pas l'étonnement de mes parents quand je leur ai fait lire cette histoire ! Ça avait tellement marqué mon père qu'il avait décidé de taper cette rédaction dans Multiplan, son logiciel de "traitement de texte". J'avais complètement oublié ce texte jusqu'à  ce qu'il y a quelques années de cela, au moment de me rendre mes dessins d'enfants et quelques photos, il a ajouté une feuille imprimée. Vous venez de la lire.

5 commentaires

Amande a dit :

Et ça ne nous dit pas quelle note tu as eu???

toma a dit :

Malheureusement je ne me rappelle pas exactement, c'était au dessus de la moyenne mais pas bien loin me semble-t-il donc je dirais 12 ou 13. Je n'ai pas la version manuscrite malheureusement.

Mellon a dit :

Ah que c'est beau l'imagination d'un enfant ! C'est triste la facilite avec laquelle on peut perdre cette capacite en grandissant...
A part ca, ca sonne tres complexe d'oedipe ton histoire, non ? (amour pour le parent du sexe oppose et haine et jalousie envers le parent de meme sexe, tel que le decrit notre ami Freud...)

toma a dit :

Bonjour Mellon et merci pour ton commentaire. Je ne suis pas tout à  fait d'accord avec toi en ce qui concerne l'imagination. Je crois que c'est toujours en nous, mais un peu plus enfoui. Il faut avoir envie de creuser, et savoir le faire aussi.
C'est vrai que ça sonne pas mal complexe d'Oedipe, je na'vais jamais vraiment réalisé. Pourtant à  l'époque j'adorais mon papounet et ça n'a pas changé. Enfin bon l'inconscient hein on ne le maîtrise pas !

Amande a dit :

Moi je suis entièrement d'accord avec Mellon, ça fait TRES complexe d'Oedipe! Mais généralement c'est à  3-4 ans qu'on vit cette phase là  ;-)

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À propos de cette note

Cette page contient une unique note de toma publiée le 19 décembre 2005 22h47.

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